mardi 23 décembre 2008

Les fruits du hasard

Par hasard, dans les allées du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, devant la table de dédicace de Yak Rivais, Zozio et Perlipopette papotaient avec l'auteur en attendant leur heure ; tandis qu'Henri Gruvman, homme de théâtre, lui tendait deux livres.

Gruvman : Tiens, j'ai été les chercher en bas.
Rivais : Ah, Le métro mé pas tro, oui...
Popette (à Zozio) : Oh, c'est bien ça !
Rivais : Je peux, ça ne vous dérange pas ? Je fais encore ceux-là et on est parti pour votre vidéo.

Nous n'aurions raté ça pour rien au monde, même pas LA vidéo pour notre petite rubrique Mot d'Auteur que nous souhaitons grande ! Dessinez, écrivez, passez les écrits... tranquillement... prenez, volez tout le temps qu'il faut... à tout... à tous !

D'ailleurs, si nous ne lui avions pas laissé le temps de cette dernière dédicace, nous n'aurions pas eu à vivre l'incroyable journée d'aujourd'hui... un pur fruit d'un pur hasard...

Popette : Excusez-moi, je vous dévisage, mais... je vous connais...
Gruvman : Ah oui ?
Popette : Oui, seulement... je ne sais pas trop d'où...

Ils se regardèrent dans les yeux, droit dedans, un certain temps et, avant même que la conscience de Perlipopette ne l'identifie, ses mots ont jailli !

Popette : Je sais ! Vous êtes prof ! A la fac de Saint-Denis ! J'ai suivi l'un de vos cours !
Gruvman : Ah bon ?
Popette : Oh c'était y'a bien dix ans de ça, et c'était mon premier cours de théâtre, je n'ai pas du beaucoup me montrer. Mais je m'en souviens bien, vous m'aviez donné 18, et j'avais découvert là un talent tout neuf qui jamais n'avait servi.
Gruvman : Ah bon ! Ca alors c'est incroyable... Et alors qu'est-ce que tu deviens ?

Monsieur Gruvman, ça, Perlipopette l'avait oublié, aime poser beaucoup de questions, sur un rythme effréné. Ainsi, de questions en réponses et des réponses en questions nouvelles, il y eut un déjeuner, quelques mails, quelques coups de fils, et il y eut ce jour...

Muze nous a trouvé le Théâtre de la Jonquière, où nous avons pris un abonnement à l'année afin de bénéficier d'une salle de répétition durant 40h. Bien plus qu'il nous en fallait, et assez pour éveiller notre inspiration... Perlipopette nous a embauché son prof pour l'occasion, afin qu'il nous aide à créer une unité et libérer la parole dans le groupe d'élèves du monde avec lesquels nous réalisons dès janvier, une écriture scénarisique à partir de "L'Oeil du loup" de Daniel Pennac.

Autrement dit, ce mardi 23 décembre de 10h à 16h, les Artistes Passeurs se sont offert un avant-fêtes propice à les plonger dans l'ambiance chaleureuse de Noël. Au travail, comme en famille. Oui. Nous nous sommes fait ce cadeau, dont nous avons à la fois ressenti le plaisir de donner et de recevoir. Pas d'emballage, pas de sapin, pas d'uniforme des fêtes, rien que nous, ensemble et contents de l'être, autour d'un prof qui en sait plus long que nous tous à propos d'un sujet qui nous intéresse : libérer la parole.

Nous nous sommes offerts, comme nous souhaitons le faire à chaque intervention auprès des élèves, une journée de pur plaisir à jouer et s'amuser ensemble autour d'un apprentissage directement utile à une création.

Les fruits du hasard sont si juteux... Sans même que nous ayons à sortir de quoi noter, sans même qu'une théorie soit énoncée, nous avons appris.

Et à présent, allons consigner ses savoirs nouveaux, afin de les retrouver, lorsque nous en aurons encore besoin, et que nous l'aurons, nécessairement, oublié.

Il s'avère, petit à petit, que là, se cache le secret de la polyvalence. Une utilisation utilitaire du savoir, sans perdre le temps de s'en tirer ses glorioles.

lundi 22 décembre 2008

Portraits d'équipe : Paillette

Paillette est la toute jeune soeurette de Perlipopette. Pétillante et enthousiaste en toutes occasions, brillant de ses mille et un feux de joie, elle ne pouvait qu'endosser notre trésorerie, en attendant de se sentir assez solide dans sa peau d'adulte pour créer un dispositif théâtral de "Vivre le livre !".

Elle a confectionné avec les élèves de Boucle Noire les bijoux massai des petits guerriers africains et de Yakouba, et avec les élèves de Yékéyé, les décors pour le Vicomte pourfendu.

Tout comme sa soeur au tout début de cette histoire, Paillette aujourd'hui cherche à creuser sa voie dans la profonde noirceur qui envahie les avenirs des jeunes. En ce moment où ces mots se posent sur la toile, Paillette creuse, et mérite tous vos encouragements, comme vos propres enfants, vos propres frères et soeurs, qui aujourd'hui, vivent leur vingtaine. Gardez foi en ceux que vous aimez, laissez leur tout le temps d'éclore.

Le chemin sera peut être long, jusqu'à son petit théâtre dans les écoles, peut être ne sera-t-il pas sien, au final, tout ce que l'on peut dire à ce stade de son histoire, c'est qu'elle passera certainement par la formation "technicienne de bien-être" dans l'année à venir, ce qui semble avoir été inventé rien que pour elle aujourd'hui.

Car Paillette brille. Quoi qu'il arrive.

Portraits d'équipe : l'Ours

L'Ours Blanc des Neiges est un grand ours, si blanc qu'on le dirait couvert de neige. Il trimballe sous sa peau d'ours d'innombrables expériences d'enseignant pas comme les autres, ouvert à tous les possibles et brisant tous les obstacles au respect qui est dû au roi des animaux de l'hémisphère nord. Un rang oublié de tous.

L'Ours a enseigné auprès des plus paumés de la société dans laquelle il vit, en prison, dans les camps nomades, et jusque dans les plus mouvementés collèges de l'est de la France, aujourd'hui. Les émeutes, les lâchetés qu'il a dû affronter, souvent à lui seul, suffisent à justifier son nom de passeur. Mais c'est la tendresse que ses élèves lui vouent en fin d'année scolaire qui le lui vaut, en réalité.

Au moment d'imaginer les Artistes Passeurs, l'Ours se trouva fatigué de sa vie d'ours, d'avoir tant affronté en solitaire. Il accepta, fatigué et méfiant, le rang de président. Et Perlipopette se jura alors d'y faire briller tous ses galons. Il conseilla un magazine en ligne que Perlipopette se mit à réaliser aussitôt, et entreprit dès lors sa recherche des partenaires dans le monde du journalisme culturel, à commencer par le monde du cinéma.

Son appétit d'ours, quant à la qualité de sa nourriture, donne également naissance au Guide Gourmand et à de nombreux partenariats du monde culinaire.

Profondément juste et bon, l'Ours ne pouvait que réussir sur son chemin de passeur. Dès la première année, il a su apporter à son association la création d'un premier emploi. Depuis septembre cette année, un second est crée, et trois indépendants nous rejoingent en vue d'une embauche à plein temps l'année prochaine. A ce rythme, nous aurons construit notre première cellule de métier en l'espace de trois ans seulement. Il y a là de quoi se sentir déjà fier comme un roi. Mais l'Ours n'a pas de temps pour s'arrêter, et profiter deux minutes du contentement que procurent les réussites.

Drôles de rois, que les ours... Ils n'acceptent nul privilège, mais endossent toutes les responsabilités.

Un genre de roi que tout roi devrait être.

dimanche 21 décembre 2008

Portraits d'équipe : Perlipopette

Perlipopette est une jeune femme qui ne tardera plus à devenir la meilleure maman du monde qu'elle a toujours rêvé d'être. Elle porte le sourire de Moune, sa mère à elle, et la fraternité rescucitée qui gît à jamais dans le coeur de son père yougoslave. Elle a passé sa vie à prendre le temps d'apaiser tous ceux passant sur son chemin et qui en ont eu besoin, ainsi qu'à oublier tous ceux qui voulaient lui faire comprendre que c'était peine perdue.

Perlipopette avait du coup un curriculum vitae d'artiste passeur dont aucun métier en cette société n'avait besoin. Un jour de grande noirceur posée lourdement sur son avenir, Perlipopette demanda à Jimmy Jean d'y jeter un oeil et l'aider à s'y débroussailler un chemin. Et au bout de quelques heures, la conclusion s'imposa...

- Tu es pédagogue, fine psychologue, créative et débrouillarde, en tout instant, devant tout le monde, tous âges confondus, elle est là, l'unité de ton être, et donc, de ton CV. Pas l'inverse.

Perlipopette en revenait toujours au même. Pédagogue, certes, mais d'un genre qui reste clandestin. Elle n'a jamais trop prêté attention aux savoirs. Elle ne nourrit aucun amour particulier à son encontre, ni aucune fierté d'en posséder quelques uns, de temps à autres... Oui. Perlipopette a pu constater que même le savoir d'une langue maternelle se perd, dès qu'on en perd l'usage, et en a conclu qu'il s'agit de simples outils. Or, lorsqu'elle a besoin d'un marteau, elle sait trouver quelque chose qui puisse lui servir, véritable marteau ou simple pierre, sans avoir à trimballer un coffre à outils en toutes circonstances dans sa besace.

Un savoir que l'on ne possède pas peut toujours s'acquérir, et aucun homme ne peut posséder la somme de savoirs accumulés dans la continuité de l'humanité depuis la nuit des temps. Voilà une vérité que même éduqué à la mode argumentative, personne ne saurait réfuter, puisqu'on ne peut confondre les phénomènes à découvrir avec les savoirs déjà constitués par le passé, dont tout homme peut avoir besoin.

Il s'avère qu'au cours de la vie de Perlipopette, un certain Google soit devenu l'ami de tous qui sait tout et qui dit tout à tout le monde. Pas bégueule pour deux sous, l'ami. Elle a, dès son apparition, oublié de savoir tout ce qui ne lui est pas directement et présentement utile pour vivre, et n'a plus jamais cessé d'apprendre, avec un plaisir et une liberté que l'humanité découvre tout juste...

Elle en a conclu que le monde changeait à nouveau, en profondeur. Et souhaita de tout son être, son intelligence, sa sensibilité, son âme et son intuition, participer de ce changement.

Avec l'Ours, professeur de français et formateur de formateurs, ils laissèrent libre cours à leurs imaginaires pédagogues, plus sensibles aux méthodes nordiques et canadiennes qu'aux françaises. A partir de cette argile aussi chargée de vécus qu'ancestrale, ils conçurent ensemble les premières lignes d'un métier nouveau, sachant éviter à l'homme toutes les maladies liées aux stress d'une vie scolaire et professionnelle, dans un monde gagnant en droits, mais perdant en valeurs.

L'adolescence et la jeunesse de Perlipopette ayant été intensément liées aux écrits de Daniel Pennac, elle décida de rester elle-même, envers, contre et pour tous, et s'appuya solidement sur les bases essentielles des éducations multiples qu'elle avait reçues et triées à son goût et son bon sens. C'est ainsi, en posant ses pas sur les lignes de l'auteur séparant le monde en Gardiens et en Passeurs, son passé de pionière à Tito et son existence de partisane sans guerre, qu'elle nomma le métier qui irait à son curriculum.

Les Artistes Passeurs...

- Heu... Passeurs, d'accord... Mais qu'est-ce que vous passez, au juste ?
- Aha ! Et bien, comme tout bon passeur, nous passons la plus clandestine des justesses aujourd'hui comme hier. Et peut être plus aussi clandestine demain...

Mais avant de la nommer au plus juste, celle-ci, il a fallu à Perlipopette bien des rencontres, bien des échanges... Il lui a fallu le temps de commencer.

samedi 20 décembre 2008

Le temps de commencer

Il a fallu un an.

Perlipopette pour directrice, Ours Blanc des Neiges pour président et Paillette pour trésorière, une idée, un désir d'avenir meilleur, une envie d'en finir avec les limites qui n'en sont pas, et de créer un métier éducatif et culturel, à l'image des générations à venir et d'un monde en changement perpétuel. Rapidement, O'Rixginal, Papillon des Villes et sa petite, Lène, les rejoignent, avec deux profs, Boucle Noire et Yékéyé, ainsi que leurs deux classes.

Assez pour tourner deux petits métrages "Vivre le livre !", créer un magazine éduc'culturel en ligne, et engager quelques partenariats. Assez pour partager de grandes joies !

Cette seconde année, commence sur les chapeaux de roues. Moussaillon et Zozio arrivent, La Muz apparaît, la petite Lalie s'abonne, Jimmy Jean trouve un rôle à son image, et petit à petit, le chemin de cette cellule des Artistes Passeurs se clôture, et une vision d'ensemble, cernée, claire et incroyablement ambitieuse, se met en place.

Nous avons l'intention de participer au changement du monde qui s'opère de notre vivant. Ni plus ni moins. Et nous trouvons assez fiers de vivre à ce moment précis de l'histoire de l'humanité. Un moment sans doute proche de son accomplissement, ou en tout cas, d'une meilleure compréhension de l'individu et de son fonctionnement social.

Nous construisons à ces fins une cellule associative, qui ne dépassera pas un ensemble de quinze membres fondateurs dont neuf salariés et six responsables du bureau, et pourra bientôt s'ouvrir à un nombre limité de membres adhérents. La demande étant chaque année plus grande, une fois les nombres limite dépassés, nous construirons une nouvelle cellule. Dans un nouveau lieu. Avec d'autres membres fondateurs, porteurs d'autres sensibilités culturelles que les nôtres, mais aussi des mêmes valeurs partagées.

Nous construisons nos vies, comme la vie construit les histoires. Nous sommes artistes, et nous sommes passeurs, du plus clandestin mouvement de l'humanité : l'ancestral mouvement des gens heureux !